Association de la lysimaque
Colloques, publications de psychanalyse
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Colloques, publications de psychanalyse

Association de la lysimaque, conférences du samedi

Conférences du samedi

NOMOLOGIE

La question du sens dans le droit, la politique et l'économie

La politique, drainant les idéologies qui la soutiennent, masque l’objet de l’économie. Un travail critique d’interprétation est donc nécessaire pour restituer en quoi le sens des fonctions en cause soutient le sujet contre les effets simplificateurs de signe, lesquels nous trompent qui plus est sur la raison d’être des objets.

TOPOLOGIE

Le sens en topologie

La topologie ― en psychanalyse, du moins ― ne saurait être un maniement abstrait de points à définir depuis les liens qui les articulent. Le propos ici est de restituer un/des sens à la topologie en lien avec la pratique analytique.

LOGOTOPIE

Le transcendantal contre le logico-positivisme

Nous suivrons ici le conseil de J.-Y. Girard de revenir à une syntaxe transcendantale, dans son fondement kantien, contre le réalisme du logico-positivisme.

NOMOTOPIE

Sens de l'opposition idéalisme/matérialisme

De quel matérialisme parler ? Faut-il échapper à tout crin à la critique faite à la récursivité d’être idéaliste ? Comment faire face à l’idéalisme ?

Participation aux frais

pour l'ensemble des conférences du samedi à l'année

y compris pour ceux qui veulent suivre par Zoom
(écrire à la Lysimaque pour obtenir le lien)

80€

Modification de programme

Interversion entre les exposés de Pierre Pitigliano et Claude Eisenberg    (du 10 décembre 2022 et du 14 janvier 2023)

Lieu (sauf pour les colloques - voir la section correspondante)

IME, 6 rue Ambroise Croizat, 93400 Saint-Ouen-sur-Seine

M° (L 13) Garibaldi / Mairie de Saint-Ouen

Bus : 85, arrêt Eugène Lumeau/ Les Ecoles

         166, arrêt Godillot

Nominalisme

Samedis Nomologie- 13h Topologie-14h30 Logotopie -16h30 Nomotopie -17h30
17/9 René Lew
Lacan nominaliste ?
Jean-Pierre Renaud
Le Grand Verre de Marcel Duchamp...
Osvaldo Cariola
Propos sur la cognition
Jacques Siboni
(n'a pas pu présenter l'exposé))
15/10 Emmanuel Brassat
Qu'est-ce que le nominalisme ?
Michel Thomé 
Laisser le nominalisme aux théologiens et aux philosophes 
Jean-Pierre Renaud
La nomination dans l'art conceptuel...
René Lew
Suppositio et représentance, une histoire de récursivité
19/11 Jean-Pierre Renaud
Petit propos sur le Statut parisien des nominalistes
Daniel Paola 
Nominalisme et imprédicativité 
René Lew 
Politique du rasoir
Bernard Genetet-Morel
Primat de la question/interrogation, modalités d'existence, Freud réaliste ?
10/12 Pierre Pitigliano
La querelle des universaux et la psychanalyse en 2022
Jeanne Lafont
L'erre de "la métaphore"
Amîn Hadj-Mouri
"Motérialisme", imprédicativité et éthique
René Lew
Y a-t-il un langage intérieur ?
14/1 François Ardeven
Les Noms de Dieu dans le judaïsme, une lecture de Lévinas
Emmanuel Brassat
Logique du nom
Julia Debray
Que la pratique de la lettre converge avec l'usage de l'inconscient
Claude Eisenberg
"Mon Sigi en or"
28-29/01 2 ème colloque
"Les mathématiques
Mathématique
sont-elles nécessaires
et
à l'objet de la 
psychanalyse
psychanalyse ?
"
11/2 Jean-Charles Fébrinon-Piguet
Vrai dire les choses
Gérard Crovisier
Joyce et les noeuds de Lacan
Lis Haugaard
"Le bon dieu dans le détail" d'Aby Warburg, l'écriture dans l'image pas sans Bataille
Cecilia Domijan
La nominacion. Acto y potencia
La nomination. Acte et puissance
11/3 Philippe Chaillou
L'éthique de la justice
Pierre Smet
Nominalisme, associationnisme, institutionnalisme
Florence Sztergbaum
De quoi l'art est-il le nom ?
Jean-Charles Cordonnier
À partir des critiques de Clouscard

 
15/4 Nathalie Bertheux-Epron
Commentaire de "Sur la psychogenèse d'un cas d'homosexualité féminine"
Peter Dyck
Préliminaires mathématiques du concept de compacité
Emmanuel Brassat
Nominalisme et psychanalyse
Bernard Hubert
Littoralité et nominalisme

 
13-14/5

Colloque
Lacan hégélien ?
 
Colloque
Lacan hégélien ?

Colloque
Lacan hégélien ?

Colloque
Lacan hégélien  ?
10/6 Touria Mignotte
L'ombre et le nom
Frédéric Dahan
Une aporie intrinsèque au passage
Abdou Belkacem
Au nom de quoi ?
Maryan Benmansour
Mondes possibles, réalisme

Argument d'ensemble
Les nominalismes

           

                                                  « Nomina non sunt consequentia rerum. Non seulement les noms ne sont pas la conséquence                                                        des choses, mais nous pouvons affirmer expressément le contraire. »

                                                     J. Lacan, L’insu que sait de l’une-bévue s’aile à mourre, texte établi, Ornicar ? n° 16, pp. 7-13.

 

            Je traduis à ma façon le clivage essentiel qui traverse jusqu’à aujourd’hui encore la philosophie ― et ce à quoi elle conduit en termes de littératures, poétiques, logiques, mathématiques… et arts, voire politiques ― depuis une opposition d’Aristote à Platon, concernant la réalité des formes intelligibles des choses mais en dehors d’elles : est nominaliste qui ne conçoit accéder aux choses qu’au travers de leurs mise en question (voire production) par des propositions et, en sous-jacence, des signifiants, soit « en substance » des mots, nomina ; est réaliste qui tient que les choses vaudraient en elles-mêmes, en dehors de l’accès (dès lors subjectif) qu’on s’ouvre de manière signifiante (et donc subjectivement) vers elles.

*

            Même s’il se dit ne pas être nominaliste, Lacan, à mon avis, prend des positions nominalistes. Meschonnic, qui contrecarre le réalisme (en fait idéaliste) par le nominalisme, me paraît tenir la route à ce propos.

            Dès lors discutons en ces samedis de la lysimaque de ce que signifie ce « contraire » qu’affirme Lacan, un contraire à mon sens opposé à une position rendant le langage tributaire des choses.

            Bien plus, si la supposition, et le nominalisme qu’elle fonde, a trait aux choses en tant que mode de les appréhender, sans en considérer pour lui-même, en cette affaire, le langage qui permet une telle appréhension, on en « oublie » la représentance, soit le renvoi, en ce qui concerne un sujet, précisément pas à un référent, mais d’un signifiant à un autre ― et ce imprédicativement comme le spécifie cette définition qu’« un signifiant représente un sujet pour un autre signifiant ».

            Je pense que Lacan n’est pas nominaliste ― au sens d’un travail d’accès aux choses ―, mais qu’il l’est au sens de l’imprédicativité du nominalisme, qui n’entre de ce fait dans aucun cognitivisme.

            Aussi ― et contre toute transcendance ― le nominalisme peut-il être compté parmi les antécédents du transcendantalisme kantien que je considère comme imprédicatif ― d’où vient sa difficulté d’accès. De même, communément, un chiasme opérant entre nominalisme et réalisme (le nominalisme est réaliste, mais le réalisme tel quel est idéaliste) amène à les confondre. Quoi qu’il en soit, il s’agit de nommer les éléments du réel, sans en faire un mystère. Et surtout, à mon avis, ce qu’on nomme a d’abord trait aux fonctions du réel. Aussi j’associerai nominalisme, récursivité et imprédicativité : en logique, en topologie, en politique, en philosophie, en littérature, dans toutes les pratiques de discours, à commencer par la sophistique.

            Cela implique de dégager le nominalisme de la philosophie analytique et du positivisme logique avec lesquels il est encore trop souvent noué. À mon avis, il nous faut assurer notre démarche sur une théorie proprement psychanalytique (récursive, j’insiste, c’est-à-dire en considérant qu’une fonction récursive est fondée sur ce qu’elle est censée produire) du signifiant. C’est bien en quoi je ne parlerai pas, comme ça se fait, de langage mental. Et, plutôt que de chercher à faire la preuve du bien-fondé de la référence, nous avons à mettre en série ― non sans différenciation ― supposition, signification, référence, connotation, dénotation. C’est bien en quoi aussi je tire les Niederschriften de Freud vers la supposition de l’action de la lettre dans la signifiance.

            Probablement que Lacan en reste à la supposition d’un mot pour un objet, quand, à la suite de son élaboration, je soulignerai la supposition (soit : la représentance) d’un signifiant auprès d’un autre (S2 → S2’). Cela me fait considérer que la définition de la vérité par Tarski est elle aussi nominaliste : « « la neige est blanche » est vrai, si et seulement si la neige est blanche ». Cela n’est pas sans renvoyer à Hegel (le rationnel est réel) mis en continuité asphérique avec Lacan (le réel est rationnel).

            Un tableau de la supposition peut ainsi être tracé :

            (1) ― supposition matérielle : un terme remplace un énoncé (plutôt que ce qu’il signifie) ;

            (2) ― supposition simple : un terme en remplace un autre (hors signification et signifiance) ;

            (3) ― supposition personnelle : le terme suppose pour ce qu’il signifie ;

            (4) ― supposition impropre (ou incorrecte) : un terme suppose pour un objet (mais distinct de

ce qu’il signifie).

À mon avis, la précision (2) renvoie à la définition linguistique du signifiant proprement dit, mais il faut l’ensemble de ces précisions pour faire correspondre la supposition à la représentance d’un signifiant par/pour un autre, une représentance faite sujet (comme « signifié de la pure relation signifiante », Lacan).

            Nous avons donc déjà à rapprocher supposition et représentance, mais aussi supposition en général et lien (continu) avec le discontinu. La supposition ouvre qui plus est aux connecteurs qui lient les objets (y compris à prendre cette fonction en objet) et les énoncés qui les concernent.

            La supposition est analytique. Peut-elle être par ailleurs synthétique ? Vaut-elle a priori ?

            La supposition opère ainsi dans le transfert (au travers du discours qui s’en organise et non dans la réalité de la réalité qui ne saurait se présenter ainsi, c’est-à-dire réalistiquement).

            L’avantage de la supposition est dès lors d’éviter (évider) toute restriction sur du prédicatif assurant l’effectivité des choses sans être incontournable, puisque le lien à l’imprédicatif permet précisément de contourner leur opposition.

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