NOMOLOGIE
La question du sens dans le droit, la politique et l'économie
La politique, drainant les idéologies qui la soutiennent, masque l’objet de l’économie. Un travail critique d’interprétation est donc nécessaire pour restituer en quoi le sens des fonctions en cause soutient le sujet contre les effets simplificateurs de signe, lesquels nous trompent qui plus est sur la raison d’être des objets.
TOPOLOGIE
Le sens en topologie
La topologie ― en psychanalyse, du moins ― ne saurait être un maniement abstrait de points à définir depuis les liens qui les articulent. Le propos ici est de restituer un/des sens à la topologie en lien avec la pratique analytique.
LOGOTOPIE
Le transcendantal contre le logico-positivisme
Nous suivrons ici le conseil de J.-Y. Girard de revenir à une syntaxe transcendantale, dans son fondement kantien, contre le réalisme du logico-positivisme.
NOMOTOPIE
Sens de l'opposition idéalisme/matérialisme
De quel matérialisme parler ? Faut-il échapper à tout crin à la critique faite à la récursivité d’être idéaliste ? Comment faire face à l’idéalisme ?
pour l'ensemble des conférences du samedi à l'année
y compris pour ceux qui veulent suivre par Zoom
(écrire à la Lysimaque pour obtenir le lien)
80€
- Emmanuel Brassat intervient (à la place de Maryan Benmanour) à 14h30. Son exposé s'intitule : Hegel lacanien ? (suite)
- Frédéric Dahan intervient à 17h30 : Une aporie intrinsèque...
Lieu (sauf pour les colloques - voir la section correspondante)
IME, 6 rue Ambroise Croizat, 93400 Saint-Ouen-sur-Seine
M° (L 13) Garibaldi / Mairie de Saint-Ouen
Bus : 85, arrêt Eugène Lumeau/ Les Ecoles
166, arrêt Godillot
Samedis | Nomologie- 13h | Topologie-14h30 | Logotopie -16h30 | Nomotopie -17h30 |
17/9 | René Lew Lacan nominaliste ? |
Jean-Pierre Renaud Le Grand Verre de Marcel Duchamp... |
Osvaldo Cariola Propos sur la cognition |
Jacques Siboni (n'a pas pu présenter l'exposé)) |
15/10 | Emmanuel Brassat Qu'est-ce que le nominalisme ? |
Michel Thomé Laisser le nominalisme aux théologiens et aux philosophes |
Jean-Pierre Renaud La nomination dans l'art conceptuel... |
René Lew Suppositio et représentance, une histoire de récursivité |
19/11 | Jean-Pierre Renaud Petit propos sur le Statut parisien des nominalistes |
Daniel Paola Nominalisme et imprédicativité |
René Lew Politique du rasoir |
Bernard Genetet-Morel Primat de la question/interrogation, modalités d'existence, Freud réaliste ? |
10/12 | Claude Eisenberg "Mon Sigi en or" |
Jeanne Lafont L'erre de "la métaphore" |
Amîn Hadj-Mouri "Motérialisme", imprédicativité et éthique |
René Lew Y a-t-il un langage intérieur ? |
14/1 | François Ardeven Les Noms de Dieu dans le judaïsme, une lecture de Lévinas |
Emmanuel Brassat Logique du nom |
Julia Debray Que la pratique de la lettre converge avec l'usage de l'inconscient |
Pierre Pitigliano La querelle des universaux et la psychanalyse en 2022 |
28-29/01 | 2 ème colloque "Les mathématiques |
Mathématique sont-elles nécessaires |
et à l'objet de la |
psychanalyse psychanalyse ?" |
11/2 | Jean-Charles Fébrinon-Piguet Vrai dire les choses |
Gérard Crovisier Joyce et les noeuds de Lacan |
Michel Thomé Théorie des nœuds, théorie des ensembles, théorie des nombres |
Georges Gautier La structure fractale, au sein du visible et de l’invisible Merleau-Pontique |
11/3 | Philippe Chaillou L'éthique de la justice |
Jacques Siboni L'espace de Minkowski ou : le temps présent est structurellement inaccessible |
Florence Sztergbaum De quoi l'art est-il le nom ? |
|
15/4 | Nathalie Bertheux-Epron Commentaire de "Sur la psychogenèse d'un cas d'homosexualité féminine" |
14h00 Peter Dyck Préliminaires mathématiques du concept de compacité |
15h30 Emmanuel Brassat Nominalisme et psychanalyse |
17h00 Bernard Hubert Littoralité et nominalisme |
13-14/5 |
Colloque Lacan hégélien ?
|
Colloque
Lacan hégélien ?
|
Colloque Lacan hégélien ?
|
Colloque Lacan hégélien ?
|
10/6 | Touria Mignotte L'ombre et le nom |
Emmanuel Brassat Hegel lacanien ? (suite) |
Abdou Belkacem Au nom de quoi ? |
Frédéric Dahan Une aporie intrinsèque au passage de l'intension à l'extension ? |
« Nomina non sunt consequentia rerum. Non seulement les noms ne sont pas la conséquence des choses, mais nous pouvons affirmer expressément le contraire. »
J. Lacan, L’insu que sait de l’une-bévue s’aile à mourre, texte établi, Ornicar ? n° 16, pp. 7-13.
Je traduis à ma façon le clivage essentiel qui traverse jusqu’à aujourd’hui encore la philosophie ― et ce à quoi elle conduit en termes de littératures, poétiques, logiques, mathématiques… et arts, voire politiques ― depuis une opposition d’Aristote à Platon, concernant la réalité des formes intelligibles des choses mais en dehors d’elles : est nominaliste qui ne conçoit accéder aux choses qu’au travers de leurs mise en question (voire production) par des propositions et, en sous-jacence, des signifiants, soit « en substance » des mots, nomina ; est réaliste qui tient que les choses vaudraient en elles-mêmes, en dehors de l’accès (dès lors subjectif) qu’on s’ouvre de manière signifiante (et donc subjectivement) vers elles.
*
Même s’il se dit ne pas être nominaliste, Lacan, à mon avis, prend des positions nominalistes. Meschonnic, qui contrecarre le réalisme (en fait idéaliste) par le nominalisme, me paraît tenir la route à ce propos.
Dès lors discutons en ces samedis de la lysimaque de ce que signifie ce « contraire » qu’affirme Lacan, un contraire à mon sens opposé à une position rendant le langage tributaire des choses.
Bien plus, si la supposition, et le nominalisme qu’elle fonde, a trait aux choses en tant que mode de les appréhender, sans en considérer pour lui-même, en cette affaire, le langage qui permet une telle appréhension, on en « oublie » la représentance, soit le renvoi, en ce qui concerne un sujet, précisément pas à un référent, mais d’un signifiant à un autre ― et ce imprédicativement comme le spécifie cette définition qu’« un signifiant représente un sujet pour un autre signifiant ».
Je pense que Lacan n’est pas nominaliste ― au sens d’un travail d’accès aux choses ―, mais qu’il l’est au sens de l’imprédicativité du nominalisme, qui n’entre de ce fait dans aucun cognitivisme.
Aussi ― et contre toute transcendance ― le nominalisme peut-il être compté parmi les antécédents du transcendantalisme kantien que je considère comme imprédicatif ― d’où vient sa difficulté d’accès. De même, communément, un chiasme opérant entre nominalisme et réalisme (le nominalisme est réaliste, mais le réalisme tel quel est idéaliste) amène à les confondre. Quoi qu’il en soit, il s’agit de nommer les éléments du réel, sans en faire un mystère. Et surtout, à mon avis, ce qu’on nomme a d’abord trait aux fonctions du réel. Aussi j’associerai nominalisme, récursivité et imprédicativité : en logique, en topologie, en politique, en philosophie, en littérature, dans toutes les pratiques de discours, à commencer par la sophistique.
Cela implique de dégager le nominalisme de la philosophie analytique et du positivisme logique avec lesquels il est encore trop souvent noué. À mon avis, il nous faut assurer notre démarche sur une théorie proprement psychanalytique (récursive, j’insiste, c’est-à-dire en considérant qu’une fonction récursive est fondée sur ce qu’elle est censée produire) du signifiant. C’est bien en quoi je ne parlerai pas, comme ça se fait, de langage mental. Et, plutôt que de chercher à faire la preuve du bien-fondé de la référence, nous avons à mettre en série ― non sans différenciation ― supposition, signification, référence, connotation, dénotation. C’est bien en quoi aussi je tire les Niederschriften de Freud vers la supposition de l’action de la lettre dans la signifiance.
Probablement que Lacan en reste à la supposition d’un mot pour un objet, quand, à la suite de son élaboration, je soulignerai la supposition (soit : la représentance) d’un signifiant auprès d’un autre (S2 → S2’). Cela me fait considérer que la définition de la vérité par Tarski est elle aussi nominaliste : « « la neige est blanche » est vrai, si et seulement si la neige est blanche ». Cela n’est pas sans renvoyer à Hegel (le rationnel est réel) mis en continuité asphérique avec Lacan (le réel est rationnel).
Un tableau de la supposition peut ainsi être tracé :
(1) ― supposition matérielle : un terme remplace un énoncé (plutôt que ce qu’il signifie) ;
(2) ― supposition simple : un terme en remplace un autre (hors signification et signifiance) ;
(3) ― supposition personnelle : le terme suppose pour ce qu’il signifie ;
(4) ― supposition impropre (ou incorrecte) : un terme suppose pour un objet (mais distinct de
ce qu’il signifie).
À mon avis, la précision (2) renvoie à la définition linguistique du signifiant proprement dit, mais il faut l’ensemble de ces précisions pour faire correspondre la supposition à la représentance d’un signifiant par/pour un autre, une représentance faite sujet (comme « signifié de la pure relation signifiante », Lacan).
Nous avons donc déjà à rapprocher supposition et représentance, mais aussi supposition en général et lien (continu) avec le discontinu. La supposition ouvre qui plus est aux connecteurs qui lient les objets (y compris à prendre cette fonction en objet) et les énoncés qui les concernent.
La supposition est analytique. Peut-elle être par ailleurs synthétique ? Vaut-elle a priori ?
La supposition opère ainsi dans le transfert (au travers du discours qui s’en organise et non dans la réalité de la réalité qui ne saurait se présenter ainsi, c’est-à-dire réalistiquement).
L’avantage de la supposition est dès lors d’éviter (évider) toute restriction sur du prédicatif assurant l’effectivité des choses sans être incontournable, puisque le lien à l’imprédicatif permet précisément de contourner leur opposition.